ECONOMIE DU BURKINA : Une croissance de 3,2 % en 2009

Nous vous proposons ci-dessous un résumé analytique du rapport sur la situation économique et financière du Burkina en 2009. Il a été réalisé par le Comité national de politique économique.

L’exercice de la surveillance multilatérale au niveau de chaque Etat membre de l’Union exige, entre autres, l’élaboration d’un programme pluriannuel de convergence décrivant les objectifs de convergence sur la période du programme ainsi que l’élaboration de rapports périodiques sur l’évolution de la situation économique et financière permettant d’évaluer la réalisation des objectifs retenus dans le programme et de formuler éventuellement des recommandations. Le rapport sur la situation économique et financière du Burkina Faso en 2009 s’inscrit dans ce cadre. Il permet, d’une part, d’apprécier l’évolution de l’activité économique du pays au cours de l’année 2009 et, d’autre part, de dresser le niveau de réalisation des objectifs retenus pour l’année 2009 dans le programme de convergence 2009-2011. Il a été élaboré sur la base des informations en fin décembre 2009. Il analyse l’évolution au niveau des quatre comptes macro-économiques (comptes nationaux, les finances publiques, la balance des paiements et les comptes monétaires) comparativement à l’année 2008 et est articulé autour de trois chapitres que sont « la conjoncture économique internationale et régionale », « la situation économique et financière du Burkina Faso en fin 2009 » et « la surveillance multilatérale ».

Pour ce qui concerne la situation économique et financière du Burkina Faso en fin 2009, l’activité économique s’est déroulée dans un contexte mondial caractérisé par la crise économique et financière entamée depuis août 2007 dont les effets se sont fait ressentir sur les différentes économies. Au plan national, l’activité s’est déroulée dans un contexte marqué par une installation difficile et tardive des pluies jusqu’à la deuxième décade du mois de juillet ainsi que des inondations survenues au cours de la première décade du mois de septembre dans six (06) provinces (Kadiogo, Nayala, Sourou, Namentenga, Kossi et Gnagna). Cependant, le dynamisme du secteur secondaire, notamment le sous-secteur minier et la performance du secteur tertiaire ont permis à l’économie de demeurer sur le sentier de croissance en enregistrant une hausse, en terme réel, de 3,2% contre 5,2% en 2008.

Un encours de la dette de 1063,4 milliards

Au niveau des finances publiques, pour faire face aux conséquences des inondations, l’Etat a réalisé des dépenses de transferts courants et d’investissements qui n’ont pas été initialement programmées. Cette situation, conjuguée aux effets de la crise économique et financière mondiale, a affecté les performances dans la mobilisation des ressources propres et contrarié l’atteinte des objectifs de convergence retenus pour l’année 2009. Ainsi, l’exécution des opérations financières de l’Etat s’est soldée par un déficit global de 188,1 milliards de francs CFA (4,8% du PIB nominal) contre 161,1 milliards de francs CFA en 2008 (4,4% du PIB nominal), soit une aggravation de 27,0 milliards de francs CFA. Hors dons, le déficit global s’est creusé de 112,5 milliards de francs CFA en passant de 308,0 milliards de francs CFA en 2008 (8,3% du PIB nominal) a 420,5 milliards de francs CFA en 2009 (10,7% du PIB nominal). Quant au solde budgétaire de base, il est ressorti déficitaire en se situant à -195,6 milliards de francs CFA (5,0% du PIB nominal) contre -165,6 milliards de francs CFA (4,5% du PIB nominal) en 2008. L’encours de la dette publique en fin décembre 2009 s’est situé à 1036,4 milliards de francs CFA contre 863,0 milliards de francs CFA en 2008, soit une hausse de 20,1% portée aussi bien par la dette extérieure (+65,5 milliards de francs CFA) qu’intérieure (+108,0 milliards de francs CFA). Au niveau de la dette intérieure, la hausse entre 2008 et 2009 est liée aux deux émissions d’obligations au cours de l’année 2009 d’un montant de 80,7 milliards de francs CFA et à l’importance des financements obtenus du Fonds monétaire international (57,1 milliards de francs CFA).

Les échanges extérieurs du Burkina Faso au cours de l’année 2009 se solderaient par un excédent de 224,7 milliards de francs CFA contre un déficit de 33,4 milliards de francs CFA en 2008. La balance des transactions courantes pour l’année 2009 devrait s’améliorer de 249,2 milliards de francs CFA (57,8%) par rapport à l’année 2008. En effet, elle se situerait à -182,1 milliards de francs CFA en 2009 contre -431,3 milliards de francs CFA en 2008. Cette évolution serait imputable à l’amélioration tant de la balance commerciale de 173,2 milliards de francs CFA des flux nets au titre des transferts courants sans contrepartie de 59,3 milliards de francs CFA que de la balance des services et revenus de 16,7 milliards de francs CFA au cours de la même période. Hors dons officiels, le solde courant s’améliorerait également de 195,2 milliards de francs CFA, passant de -557,4 milliards de francs CFA en 2008 à -362,4 milliards de francs CFA en 2009.

Au niveau de la situation monétaire, les avoirs extérieurs nets des institutions monétaires sont passés de 374,8 milliards de francs CFA en fin décembre 2008 à 563,5 milliards de francs CFA en fin décembre 2009, soit une progression de 188,7 milliards de francs CFA (+50,4%). Cette évolution s’explique par un accroissement des avoirs extérieurs nets tant de la Banque centrale (+70,2 milliards de francs CFA) que des banques (+118,6 milliards de francs CFA) entre fin décembre 2008 et fin décembre 2009.

Le crédit intérieur a progressé de 37,9 milliards de francs CFA (+6,3%) en fin décembre 2009, en ressortant à 642,6 milliards de francs CFA contre 604,7 milliards de francs CFA en fin décembre 2008. Cette progression est attribuable à la détérioration de la PNG (-26,3 milliards de francs CFA) et à la hausse des crédits à l’économie (+11,5 milliards de francs CFA) entre fin décembre 2008 et fin décembre 2009. La masse monétaire a enregistré une hausse de 21,4% (+195,2 milliards de francs CFA) en fin décembre 2009, en s’établissant à 1107,1 milliards de francs CFA, contre 911,9 milliards de francs CFA en fin décembre 2008. Cette évolution est due à une augmentation des dépôts des banques (+148,8 milliards de francs CFA, soit +23,2%) conjuguée à une accélération de la circulation fiduciaire (+38,8 milliards de francs CFA, soit +18,2%) sur la même période. S’agissant de la surveillance multilatérale, la situation de convergence fait ressortir le respect de quatre (4) critères dont trois (3) de premier rang et un (1) de second rang. Au niveau des critères de premier rang, en dehors du critère-clé, les trois (3) autres critères (taux d’inflation, taux d’endettement et non- accumulation des arriérés de paiements) ont été respectés. En ce qui concerne les critères de second rang, seul le critère des investissements sur ressources propres rapportés aux recettes fiscales a été respecté. Le profil des critères de convergence tel qu’il ressort dans le tableau ci-dessous montre les évolutions des réalisations de 2008 à 2009.

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