Visite de Tertius Zongo à Washington : Le Burkina Faso félicité pour ses réformes

Du 6 au 11 juillet 2010 le Premier ministre, chef du gouvernement, Son Excellence Tertius Zongo a séjourné à Washington dans le cadre d’une visite de travail avec les institutions financières de Bretton Woods. Avec la Banque mondiale, le gouvernement burkinabè a signé un accord de financement d’un montant de 90 millions de dollars pour appuyer le budget de l’Etat pour l’année 2010.

Interview réalisée à Washington par H. Barry /Ambassade du Burkina Faso

Source: http://lefaso.net/spip.php?article37636&rubrique62

Durant son séjour, le Premier ministre a également accordé des audiences aux responsables du Millennium challenge corporation (MCC) et du National democratic institute (NDI) et rencontré la communauté burkinabè de la région de Washington. Le Premier ministre Tertius Zongo tire ici les conclusions de ses discussions avec les partenaires…

Tertius Zongo : Il faut dire que nous nous sommes penchés sur ce qui peut être fait dans le futur en se disant que les partenaires ont chacun un domaine où ils sont les plus compétents, et il faut que dans nos relations avec nos partenaires, nous ayons la même vision de la division du travail.

Dans un premier temps, nous avons discuté avec la Banque mondiale et le FMI, sur les domaines prioritaires pour l’avenir. Il est clair que notre pays demeure un pays agricole, donc le volet développement rural doit être toujours maintenu en termes d’accroissement de la productivité, d’amélioration des méthodes culturales pour le bien-être de nos producteurs. Nous devons aussi avoir cette approche de l’agriculture en termes de pôle de croissance. Et si l’agriculture est notre activité principale, comment créer la croissance autour de l’agriculture.

Et je pense qu’avec la Banque mondiale, nous allons arriver à mettre au point cette approche qui va combiner les activités en amont comme en aval de l’agriculture, mais aussi prendre en compte les problèmes de financement et de transformation. Le deuxième sujet qui a fait l’objet de séances de travail avec nos partenaires a concerné les secteurs sociaux : la santé, l’éducation, car vous n’ignorez pas que la meilleure façon d’investir dans l’homme est de lui assurer des lendemains meilleurs.

Et lorsqu’on regarde les défis nouveaux, l’orientation doit être beaucoup mise sur la formation technique et professionnelle ; ce qui justifie l’adoption par le gouvernement burkinabè d’une politique dans le domaine. Cependant, nous avons peu de partenaires qui nous soutiennent dans ce domaine dont la finalité est d’amener les gens à avoir des capacités à s’auto-employer. La Banque mondiale est tout à fait convaincue de cette approche et elle va nous y accompagner.

Nous avons aussi parlé de l’énergie qui est une composante essentielle dans le développement. Vous avez vu notre nouvelle approche en la matière qui est de la base vers le sommet, c’est dire qu’il faut créer là également des pôles de croissance au niveau des régions car ce sont elles qui doivent impulser le développement de façon générale.

Mais on ne peut pas créer des pôles tant que la question de l’énergie n’est pas résolue : les problèmes du coût et de la disponibilité mais aussi l’accès au niveau des ménages qui en ont besoin pour leur bien-être. Là également, la Banque mondiale a bien voulu nous soutenir pour examiner les différentes alternatives y compris le solaire et s’impliquer dans la mise en oeuvre.

Au cours de vos discussions, la question du partenariat public-privé a été abordée. Quelles sont les nouvelles orientations de ce partenariat ?

Tertius Zongo : Vous conviendrez avec moi qu’aujourd’hui l’Etat ne peut pas tout faire et il y a un certain nombre d’actions que l’on voudrait confier au secteur privé, mais lorsqu’on se rend compte qu’il y a des risques à laisser le privé seul, l’Etat doit jouer sa partition.

C’est pourquoi nous avons fait appel à une structure qui a une grande expérience, la Société financière internationale (SFI) qui est une composante de la Banque mondiale chargée des opérations avec le secteur privé. Nous avons mis en place une équipe qui viendra très bientôt pour une formation avec la SFI, et nous pensons qu’avec cette formule certaines infrastructures indispensables à notre économie trouveront des financements et une gestion appropriés.

Qu’en est-il du blocage au niveau du futur aéroport de Donsé ?

Tertius Zongo : C’est vrai que nous avons eu de longues discussions sur le dossier, mais je dois dire qu’au vu des échanges, il y a des avancées et surtout un point d’accord sur les taux de rentabilité issus de la dernière étude de faisabilité.

Nous allons tenir une table ronde à Ouagadougou les 19 et 20 octobre prochain avec les différents partenaires autour de l’étude de faisabilité sur les points relatifs au schéma de financement et au chronogramme définitif pour le démarrage et la conduite des travaux.

Au cours de vos différentes séances de travail avec les partenaires techniques et financiers, ceux-ci n’ont pas manqué de féliciter le Burkina Faso pour ces réformes ? Une fierté ou une invite à relever le défi ?

Tertius Zongo : Je crois que c’est un honneur et en même temps un défi, parce qu’on a pu entreprendre ces réformes dans un contexte qui n’était pas simple, mais quand bien même ces réformes portent des fruits, il faut aller au-delà, parce que c’est comme si nous entrons dans une sorte de réformes de troisième génération qui demande un saut qualitatif.

Nous allons explorer beaucoup de pistes pour encore plus de visibilité. A cet effet, nous avons convenu avec les différents partenaires rencontrés de tenir une réunion sur les financements innovants pour accélérer l’investissement et la croissance.

Un dernier mot ?

Tertius Zongo : Je repars satisfait de ces rencontres avec nos partenaires techniques et financiers.

Nous allons, dans les mois à venir, partir sur de nouvelles orientations, voir comment nous pouvons mettre un peu plus le pied sur l’accélérateur, c’est-à dire faire en sorte qu’en réalité nous allons vers un système beaucoup plus participatif, plus ouvert où chacun peut apporter quelque chose. Ce n’est pas facile car il faut casser les habitudes, et nous allons nous mettre.


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