Système financier et bancaire régional: Des mesures pour accélérer le financement de l’économie

La Banque centrale et les banques de l’Union ont convenu de donner un coup d’accélérateur au financement de l’économie, à travers la rationalisation, la transparence des conditions d’accès aux banques et l’organisation du marché interbancaire régional.

Après Bamako, c’est Lomé au Togo, qui a accueilli la rencontre annuelle entre le gouverneur de la BCEAO et les présidents et directeurs généraux des banques et établissements financiers de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Au centre des débats, trois ateliers qui ont abordé le financement de l’économie, la rationalisation et la transparence des conditions de banque et l’organisation du marché interbancaire régional. Ces concertations entre les autorités monétaires et la profession bancaire visent à favoriser des échanges sur des questions de portée stratégique et d’intérêt commun, de sorte à permettre au système bancaire et financier de relever les défis d’une intermédiation financière saine et efficace dans l’Union.

En cela, les conclusions des travaux de la soixantaine de participants à la présente rencontre ont permis de relever que le faible niveau de financement de l’économie par les banques et établissements constitue une préoccupation aussi bien pour la BCEAO que pour les opérateurs. En effet, le taux de financement de l’économie dans l’Union reste en-dessous de 20%, contre un taux supérieur à 70% pour des pays comme la Tunisie, le Cap-Vert. « Le financement adéquat de l’activité économique, en particulier dans les secteurs de production, constitue l’une des clefs de la croissance et du développement futur de notre espace communautaire.

Or, le système financier de l’Union, à l’instar de ceux d’autres pays en développement, est marqué par la forte dominance du secteur bancaire, en dépit des progrès enregistrés depuis les années 1990 pour diversifier les structures du marché financier régional » avait rappelé le gouverneur, Philippe Henri Dacoury-Tabley, au cours d’un colloque sur le secteur bancaire. Afin de donner un nouvel élan à la croissance économique, la rencontre de Lomé a exploré les voies et moyens capables de lever les contraintes d’accès au financement des secteurs prioritaires (agriculture, PME, infrastructures, énergie).

Il s’agit par exemple, d’aplanir les lenteurs dans l’assainissement du cadre macroéconomique et d’amélioration du climat des affaires. Il y a aussi l’indisponibilité d’informations fiables et régulièrement actualisées sur la situation financière des emprunteurs, leur niveau d’endettement global, ainsi que la rentabilité des activités qu’ils mènent.

A ces difficultés, s’ajoutent la faiblesse des capacités des PME en termes de gestion et de gouvernance, l’insuffisance de ressources à long terme, entre autres. Fort de cela, le secteur financier a réaffirmé sa volonté d’accompagner les PME par la multiplication d’agences bancaires, la création de nouveaux instruments de financement en vue de rapprocher la banque de ses clients. Grosso modo, il ressort des débats que la faiblesse des financements ne devrait pas être perçue comme l’affaire du seul système bancaire. C’est pourquoi, les participants ont préconisé une approche communautaire pour résorber la question.

Ils recommandent aux Etats d’adopter une politique fiscale incitative, en vue de favoriser l’essor d’instruments de financement adaptés aux PME/PMI (crédit-bail, capital risque, etc.) tout en encourageant le secteur informel à se formaliser. Outre le renforcement de l’arsenal relatif au financement des PME/PMI, il importe également de rationaliser les instruments de leur promotion, d’asseoir des mécanismes de suivi-évaluation et statistique, d’améliorer le système juridique et judiciaire.Intensifier le financement des secteurs prioritaires

Pour sa part, la Banque centrale a été invitée à mettre en œuvre des actions de sensibilisation en direction des trois parties (institutions communautaires, banques, opérateurs économiques), à élaborer un canevas uniforme pour l’instruction des demandes de crédit émanant des PME/PMI. Elle est appelée également à adapter la réglementation, dans le sens de son assouplissement, en vue de favoriser le financement des investissements, en général et de répondre aux besoins des PME/PMI, en particulier

Quant aux banques, elles doivent poursuivre l’encadrement des demandeurs de crédit. Elles devront aussi réfléchir à l’émergence de sociétés de cautionnement mutuel, au renforcement du partenariat entre les banques et les institutions de micro-crédit pour une meilleure satisfaction des besoins de financement des PME/PMI tout en améliorant les capacités internes d’étude et de suivi des crédits.

La rencontre a surtout débattu de modalités de financement des secteurs prioritaires comme l’agriculture, les infrastructures, l’énergie. Pour le financement de l’agriculture, les participants ont noté que le développement de l’agriculture est un enjeu de politique publique pour assurer, notamment la sécurité alimentaire des populations.

Le financement approprié de l’agriculture a des effets d’entraînement importants sur les autres secteurs de l’économie, par le canal de la distribution des revenus en milieu rural. Dans ce contexte, ils ont indiqué que les Etats devraient jouer un rôle majeur dans la levée des contraintes importantes à un meilleur financement de l’agriculture par le système bancaire. De même, les participants ont reconnu que l’amélioration des infrastructures constitue la clé de développement.

S’agissant de la rationalisation et de la transparence des conditions de banque, il faut noter que la libéralisation des conditions de banque s’est traduite par la suppression de plusieurs taux créditeurs minimum et le déplafonnement des conditions débitrices de banque. Toutefois, l’analyse de la situation actuelle laisse apparaître que les conditions débitrices et la tarification demeurent encore élevées.

A cet égard, la BCEAO et les pouvoirs publics attendent des établissements de crédit l’amélioration sensible de la qualité et la réduction des coûts des services financiers. Enfin, les institutions communautaires ont été appelés à harmoniser, entre les pays de l’Union, la fiscalité sur les opérations bancaires et à adopter une fiscalité de nature à inciter les banques à réduire les coûts de leurs services.

Saturnin N COULIBALY/Sidwaya

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