UEMOA: De l’eau et des routes pour le Burkina

L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), a organisé un voyage de presse sur ses chantiers au Burkina du 19 au 24 juillet 2010. Ce voyage a permis à une trentaine de journalistes du Burkina et du Sénégal de découvrir les chantiers de la commission dans les régions du Centre-Sud, du Plateau central et du Sahel, notamment des forages et des routes.

Après avoir mis en place les politiques d’intégration sous-régionale pour permettre une meilleure circulation des personnes et des biens, l’UEMOA a décidé de faire vivre l’intégration par les plus démunis qui n’ont pas accès à l’eau potable. Pour ce faire, elle a initié un programme régional d’hydraulique villageoise dans les 8 Etats membres avec pour objectif de mettre à la disposition des populations 8000 forages équipés de pompes à motricité humaine (PMH).

La phase pilote de ce programme a permis de réaliser 3000 forages positifs dont 300 au Burkina. Ce sont ces forages plus le projet d’aménagement de la route Dori-Téra et les actions de lutte contre l’ensablement de la mare de Dori que les journalistes ont visités au cours de leur périple. Débuté avec un briefing à l’UEMOA à Ouagadougou, le périple des hommes de médias les a d’abord conduits à Manga dans la région du Centre-Sud, précisément dans le village de Binsonnonghin, où ils ont visité un forage réalisé par l’UEMOA en 2008. Dans cette zone du Burkina, l’accès à l’eau potable constituait une grande difficulté pour les populations. Mais depuis la réalisation des PMH dans divers villages de la région, les populations se disent soulagées. Selon le président du comité de gestion du forage de Binsonnonghin, Issaka Kiemtoré, l’accès à l’eau potable constituait la plus grande préoccupation des habitants du village. Grâce à l’UEMOA, ceux-ci disposent désormais de l’eau potable pour la consommation humaine mais également pour l’abreuvage des animaux car le forage est munir d’un abreuvoir. Le forage permet également à certains de faire de la maraîcheculture, a-t-il confié. C’est fort de ces atouts que le comité de gestion a initié une cotisation annuelle de 1000 FCFA par famille pour disposer de fonds afin de mieux entretenir le forage, a-t-il ajouté. Véronique Nacoulma qui s’approvisionnait en eau au forage au moment de notre passage, a aussi souligné l’importance du forage pour le village. Selon ses dires, les femmes enduraient une grande souffrance dans la recherche de l’eau potable. Les journalistes ont voulu savoir si les habitants connaissaient leur bienfaiteur. La réponse a surpris plus d’un . « C’est grâce au maire à qui nous avons soumis notre doléance que nous avons eu le forage » a répondu le président du comité de gestion. C’est dire qu’une sensibilisation doit être menée auprès des populations pour leur permettre de faire la différence entre les actions des partenaires et institutions d’appui avec celles des hommes politiques. Selon le directeur régional de l’agriculture, de l’hydraulique et des ressources halieutiques du Centre-Sud, Michel Thiombiano, le nombre de forages réalisés dans sa région par l’UEMOA est de 135 ; permettant ainsi d’atteindre un taux d’accès à l’eau potable de 73%. Tout en appréciant ce taux, M. Thiombiano a estimé qu’il faut poursuivre ces efforts afin d’atteindre un taux de 100%.

« Merci à l’UEMOA »

Après le Centre-Sud, le périple des hommes de médias s’est poursuivi dans la région du Plateau central. C’est en compagnie du maire de Niou, Ousmane Diallo et de la directrice régionale de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des ressources halieutiques du Plateau central, Gisèle Tapsoba, que les journalistes ont visité le forage de l’école de Suka dans le village de Raongo puis celui de Mouni. A en croire les habitants desdits villages, l’obtention de l’eau potable constituait une équation cornélienne. ’’Avant l’installation du forage, les élèves de l’école de Suka parcouraient 7 à 10 km pour avoir de l’eau. Ce qui perturbait les cours », a confié le maire de Niou. C’est avec le voeu de bénéficier encore de l’accompagnement de l’UEMOA dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable pour les 32 mille habitants de sa commune que le maire Ousmane Diallo a dit merci à cette institution. Le président du comité de gestion du forage de l’école de Raongo, Séni Guelbéogo, a indiqué que les habitants s’approvisionnaient en eau dans les marigots. Ce qui entraînait beaucoup de maladies qui, de nos jours, sont considérablement réduites grâce à la consommation de l’eau potable des forages. Pour pouvoir faire face à l’entretien du forage, le comité a instauré une cotisation mensuelle de 100 F par homme et 50 F par femme, a-t-il dit. Le président du comité de gestion du forage de Mouni, Yacouba Derra, a confié que le comité a initié une cotisation annuelle de 500 F par famille afin de pouvoir faire face à l’entretien du forage.

Pour la directrice régionale de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques du Plateau central, Gisèle Tapsoba, le taux d’accès à l’eau potable au niveau de sa région est de 74%. Un nombre important de forages a été certes réalisé mais un défi majeur reste à relever, celui de leur entretien. Pour y parvenir, il sied d’asseoir des associations des usagers de l’eau. Et pour ce faire, l’intervention de l’UEMOA s’avère nécessaire a-t-elle relevé. Elle a souhaité que l’UEMOA poursuive la réalisation des forages dans sa région car ses populations s’accroissent avec des besoins en eau potable plus importants. Le chargé des ressources en eau à l’UEMOA, Soumaré Djimé a confié que le programme d’hydraulique villageoise de l’UEMOA 1re phase au Burkina est entièrement achevé. Tous les 300 forages ont été réalisés et réceptionnés et les populations les utilisent depuis 2 ans pour certaines et un an et demi pour d’autres. C’est un sentiment de fierté et de satisfaction qu’éprouve l’UEMOA de nos jours car tous les projets ont été réalisés avec le concours de ses Etats membres, a-t-il confié. Pour M. Djimé, pouvoir se prendre en charge dans un secteur aussi vital qu’est l’eau constitue une fierté. Le projet a été un succès et l’UEMOA entend lui assurer un suivi afin que ses réalisations soient pérennes. Il a fait noter qu’une seconde phase est prévue et des études sont en train d’être menées pour voir les faiblesses et les forces de la 1re phase car l’objectif est de réaliser 8000 forages dont un millier par pays membre a-t-il affirmé. Il a précisé que le Burkina qui a achevé la réalisation de ses forages bénéficie de 100 autres forages supplémentaires. Après la visite des forages, l’équipe de la presse aux bons soins du chargé de communication à l’UEMOA, Drissa Ouattara, a mis le cap sur Dori chef-lieu de la région du Sahel. Mais avant de déposer ses valises dans cette cité, le directeur de l’Aménagement du territoire et des infrastructures terrestres à l’UEMOA, Amadou Harouna a tenu à lui expliquer la pertinence du projet d’aménagement de la route Dori-Tera et la facilitation du transport sur le corridor Ouaga – Dori-Tera Niamey. Ce projet est extrait du programme d’actions communautaires des infrastructures et du transport routier adopté en 2001 par l’UEMOA. Il a pour objectif global de contribuer à l’accélération et au renforcement de l’intégration économique des pays membres de l’UEMOA.

Le coût estimatif du projet est d’environ 25 milliards de F CFA. Il comporte 3 composantes à savoir l’aménagement et le bitumage de la route Dori-Téra frontière du Burkina au Niger, la construction de postes juxtaposés à Pételkolé à la frontière où les forces de l’ordre des deux pays feront un seul contrôle pour faciliter le passage des usagers de la route. Le projet prévoit également la réhabilitation de centres de santé, de réalisation de forages et la construction de pistes rurales connexes à la route principale.

37% de taux d’exécution

Au niveau du Burkina, le taux d’exécution des travaux à la date du 20 juillet 2010 était de 37%. Mais du côté du Niger, les travaux sont achevés. Le retard d’exécution des travaux du côté du Burkina est lié à la phase d’étude car le 1er appel d’offre a été infructueux, a-t-il révélé. C’est le groupement d’entreprises Fadoul Technibois / COGEB international SA qui est chargé de l’exécution des travaux de la route Dori-Seytenga frontière du Niger, longue de 51, 4 km. Ce groupement d’entreprises travaille sur deux fronts. Le 1er front de Dori vers la frontière du Niger et le 2e front de la frontière vers Dori. Cette option vise à achever les travaux dans les délais, prévus pour début 2011. C’est le 1er front que les journalistes ont pu visiter, le second était inaccessible à cause des pluies torrentielles qui s’abattaient sur Dori.

Dori-Seytenga en 30 mn

Le chef de projet des travaux d’aménagement de la route Dori-Seytenga frontière du Niger, Jean Wenceslas T. Kyelem, a confié que cette route, une fois terminée, permettra de rallier Dori-Seytenga en 30 minutes. Alors qu’il fallait faire plus de 3 heures pour parcourir cette distance, a-t-il dit. D’un coût de réalisation de 14 milliards de F CFA, la route aura une largueur de 10 m (largeur de la plate-forme) celle de la chaussée 7 m. Elle sera résistante et durable car sa réalisation se fait en fonction du trafic attendu, a confié le chef de projet. Selon le responsable du groupe Fadoul Technibois, Achille Ouédraogo, le taux de terrassement est de 70% celui des ouvrages 100%.

Les difficultés rencontrées sont liées au manque d’eau et au démarrage tardif des travaux. L’entreprise a également rencontré des difficultés au moment de la mise de la 1re couche car la zone est très sablonneuse, a-t-il relevé. Il a rassuré que les délais d’exécution seront respectés. Le chef de la mission du contrôle du cabinet SINCAT international SA, Nama Baoui, a fait savoir que le retard accusé dans l’exécution des travaux du côté du Burkina est dû en partie au fait que le projet a mis 3 mois avant de démarrer parce qu’il y a eu une réactualisation de son étude. Les difficultés constatées par le cabinet, a-t-il dit, sont entre autres, les fortes pluies qui empêchent le groupe d’entreprises de travailler, la survenue de certaines pannes dont la réparation nécessite un déplacement sur la capitale. Le groupement d’entreprises a aussi interpellé le cabinet sur le retard de paiement de certaines sommes, a-t-il signifié. Selon M. Nama, la qualité de la route est déterminée par le suivi et la vérification de la qualité des matériaux et la qualité de la mise en oeuvre de ces matériaux. Un autre facteur est lié aux estimations du trafic. Si celles-ci sont mal faites, cela aura une répercussion sur la durée de la route, a-t-il indiqué. De fortes pluies se sont abattues sur Dori durant 3 jours, plongeant les pieds de ses habitants dans l’eau. Cette situation a empêché les journalistes de se rendre à Gomo pour constater de visu les actions qui s’y mènent avec le concours de l’UEMOA pour lutter contre l’ensablement du bassin du Niger. Mais ils ont pu se rendre à Djomga, village situé à 7 km de Dori. Là-bas, les populations luttent contre l’ensablement de la mare de Dori en fixant des dunes de sable à l’aide des boutures d’euphorbes espèces forestières très adaptées à la saison sèche. Selon le chargé d’aménagement du programme de lutte contre l’ensablement du bassin du Niger du Séno, Jean Louis Dabiré, ces actions ont pour but de réduire l’ensablement de la mare par l’érosion hydrique et éolienne. C’est une somme de 800 millions de F CFA que l’UEMOA a mise à la disposition du Burkina pour l’exécution du projet qui, a-t-il confié, connaît un taux de succès de plus de 99%. Deux sites ont pu être visités par les journalistes. Le 1er d’une superficie de 40 hectares (ha) et le second d’une superficie de 5 ha avec des boutures d’euphorbes moins espacées que le 1er site. Le Président du conseil villageois de développement (CVD) de Djomga, Amadou Assane Maïga, a souligné l’importance de l’utilisation des boutures d’euphorbes. La réalisation de celles-ci a permis de stabiliser le sable et de réduire les menaces d’ensablement dont le village fait l’objet, a-t-il précisé. Il a demandé à l’UEMOA de continuer d’accompagner le village pour qu’il puisse pérenniser les actions de lutte contre l’ensablement de la mare de Dori.

L’UEMOA et l’hydraulique villageoise

Le programme d’hydraulique villageoise de l’UEMOA vise à contribuer durablement à l’amélioration des conditions de vie des populations les plus défavorisées de l’UEMOA par la mise à disposition de 8 000 forages équipés de pompes à motricité humaine. Le programme a démarré avec une phase pilote portant sur la réalisation de 3 000 PMH.

La route Dori-Seytenga en bref

Longueur du tronçon : 51,4 km Largeur de la plateforme : 10,00m Largeur de la chaussée : 7,00m revêtue en induit superficiel bicouche Largeur des accotements : 2X1,50 m revêtue en induit superficiel monocouche Couche de base : 15 cm de graveleux latéritique naturel Couche de fondation : 20 cm de graveleux latéritique

Dabadi ZOUMBARA/LePays du 27 juillet 2010 http://lepays.bf/spip.php?article2248

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